Roberto Ferrucci est écrivain et habite Venise. Il a publié en français Ça change quoi, Seuil, 2010 ; Sentiments subversifs, Meet, Les Bilingues, 2010 ; Venise est lagune, La Contre-Allée, 2016. En 2016, il a dirigé la partie italienne du n°20 de la revue Meet, « Venise/Varsovie ». Son nouveau livre paraît cette semaine : Ces histoires qui arrivent, La Contre-Allée, 2017. Il est par ailleurs journaliste et traducteur en italien des livres de Jean-Philippe Toussaint et Patrick Deville.

Robert Ferrucci prend aussi des photographies dont il publie une partie sur son compte Instagram robfer. Certaines ont été présentées lors d’expositions mais la plus grande partie reste dans la mémoire de son iPhone.

J’avais déjà écrit « L’écrivain et ses photographies sur Instagram, Roberto Ferrucci et Venise » mais j’ai souhaité approfondir avec lui cette question. Le 13 octobre dernier, il m’a accordé un entretien dans ce qui fut son café préféré lors de ses années d’Université, le Caffè Rosso, sur le campo San Margherita à Venise et je l’en remercie très chaleureusement.

Capture d_écran 2017-10-23 à 14.04.12

L’idée de cet entretien est de t’interroger sur le sens de tes photographies, photographies nombreuses puisque tu en présentes plus de mille sur ton compte Instagram. Il y a là quelque chose qui mérite d’être creusé car, si les relations qu’entretiennent les artistes avec la photographie est souvent envisagée, c’est assez rarement le cas pour les écrivains. Je ne parle pas seulement d’écrire à partir de photographies, ce qui est important pour toi, mais aussi d’une pratique de l’appareil. D’où ma première question, qu’est-ce qui fait que toi, écrivain, tu prends des photographies ?

Je suis convaincu que je prends des photos, en général, comme un citoyen normal qui a un Smartphone dans sa poche. Donc, j’ai commencé à prendre des photographies quand le numérique est devenu abordable. Il y a eu un moment, un paradoxe incroyable, où la caméra vidéo était moins chère que l’appareil photo numérique, donc on a dû attendre quelques années un appareil photo numérique abordable. Et transportable aussi, parce que quand tu as un gros appareil il faut le sortir exprès pour faire des photos.

Et moi j’ai toujours aimé photographier. Quand j’étais jeune c’était tellement cher, et on n’avait que 24 ou 36 possibilités, alors moi, je gardais pendant des années les pellicules dans l’appareil photo, sans les développer, parce que je n’osais pas. Mais aujourd’hui on peut prendre beaucoup de photographies qui sont, pour moi, d’abord des notes visuelles. Au mois de novembre je vais en France dans la région des mines, près de Lille, pour animer des ateliers sur cette notion, les notes visuelles. On ne pouvait pas photographier de cette manière quand j’ai commencé à écrire, ou difficilement. J’ai ainsi écrit un livre qui est un recueil de reportages réalisés à la fin du siècle dernier et au début de ce siècle alors qu’il n’y avait pas d’appareil photo numérique. C’était compliqué, je me déplaçais en scooter, en Vespa, et j’étais obligé de m’arrêter pour prendre des notes. C’était une contrainte parce qu’il était difficile de s’arrêter régulièrement. Ainsi certaines choses m’échappaient alors que si j’avais eu un appareil photo comme ce que nous avons maintenant, j’aurais pu l’installer sur le guidon du scooter, à ma disposition en permanence pour photographier d’un geste facile.

Aujourd’hui je prends des milliers de photos et cela forme un journal intime, très intime parce que, comme tu l’as vu, je publie très peu et je n’aime pas les gens qui… bon, c’est vrai que cette semaine, toi, tu as exagéré mais justement parce que tu es à Venise et c’est normal, car moi aussi quand je suis en vacances je publie beaucoup comme par exemple en Sicile dernièrement. En plus, je m’amuse parce que tout le monde pense que je suis sur le lieu de mes photos au moment où je les publie alors que moi j’aime beaucoup décaler leur publication. Et quand les gens me disent, ah, Roberto, tu es encore en Sicile, mais c’est incroyable, je leur dis que je suis rentré, et ainsi, contrairement aux usages sur les réseaux sociaux, je ne m’impose pas de règles pour publier.

Alors je prends des photos, parfois pour ce que je suis en train d’écrire, mais souvent, ce sont des images qui restent dans la mémoire de mon appareil. Mais aujourd’hui avec nos appareils, on peut faire des choses incroyables parce que l’appareil conserve la date, la position géographique et on peut retrouver ces données précises quand on en a besoin. Ce sont mes carnets intimes, visuels, même si j’ai toujours des carnets naturellement ; j’ai plein de carnets. Car pour moi, écrire, c’est utiliser toutes les possibilités de la technologie : le crayon, le papier, le smartphone, la tablette. J’ai toujours dit que lorsqu’il y a quelque chose qui aide mon écriture, je vais l’essayer. Je n’utilise plus l’ordinateur pour écrire depuis 2010, j’utilise la tablette. J’attendais cet objet depuis des années, parce que je savais que cela allait sortir et, je ne sais pas si tu te souviens du Newton, la première tablette, je l’avais et je trouvais cela génial mais la production fut interrompue parce que c’était sans doute trop futuriste comme projet ; les gens ne comprenaient pas encore qu’il était possible d’écrire sur un écran, d’avoir avec soi un petit ordinateur. Donc quand l’iPad est sorti – je me souviens du jour de sa présentation par Steve Job, en janvier 2010 – je me suis dit : voilà ! Et j’ai abandonné l’ordinateur à la maison, même s’il reste un outil auxiliaire de la tablette, mais pas l’inverse. J’aime l’idée de sa légèreté, c’est comme avoir un carnet, son poids est négligeable, sa batterie donne du temps, et donc, comme tu as vu hier, j’utilise mon carnet et mon iPad pour travailler au café.

Capture d_écran 2017-10-23 à 14.02.23

Revenons un moment sur les photographies que tu publies. Tu expliques que tu ne publies pas forcément de manière synchrone avec ton occupation des lieux photographiés, que tu le fais donc de manière différée, cependant tu le fais sur un réseau social, tes images sont signées, millésimées, aussi quelle signification donnes-tu à ces images ?

J’ai un blog depuis 2001, depuis le début je suis sur Facebook, depuis le début je suis sur Twitter, même si j’en suis sorti pendant trois ans parce que je n’aimais pas trop l’anarchie totale qui y régnait, mais cela s’est un peu amélioré, et donc j’aime l’expérimentation et le fait qu’on s’y amuse aussi, c’est évident. C’est une façon d’avoir des connexions avec des gens. Par exemple nous deux, on s’est croisé aux journées de la Maison des écrivains étrangers et traducteurs à Saint-Nazaire, mais surtout sur les réseaux sociaux. Je suis sur Instagram depuis longtemps, et à ses débuts, je travaillais à la télévision, nous n’étions pas nombreux sur le réseau mais je me suis rapidement aperçu que c’était un moyen de raconter des histoires.

Je crois que cette activité sur les réseaux aide à construire un parcours et ce parcours est lui-même une narration. D’ailleurs, dès la deuxième année, les gens de Igersfrance qui faisaient un livre intitulé Raconter la France – c’était bizarre parce que j’étais le seul étranger – avait choisi sur mon journal Instagram une photo. Et heureusement qu’ils l’avaient fait parce que si quelqu’un me dit, on veut une de tes photographies pour un livre, il est clair que je reste pendant des mois à réfléchir, et peut-être qu’à la fin je ne donne rien. Ils avaient choisi une photo que j’avais prise en marchant, à Paris, près de la Sorbonne. J’étais invité à une conférence et j’étais en retard. Je marchais rapidement et je suis passé à côté d’un bouquiniste dont les piles de livres bloquaient pratiquement l’entrée de sa boutique. Des livres partout. J’avais mon portable à la main et j’ai fait tac. Mais vraiment, je ne me suis même pas arrêté. Après, je l’ai publiée sur Instagram et eux, les gens d’Igersfrance l’ont choisie. Ils m’ont demandé quelques lignes pour expliquer la photo. J’ai seulement regardé les informations sur l’appareil, il n’y avait pas encore la géolocalisation, et j’ai donc fourni la date et le lieu. Puis ils m’ont demandé quatre autres photos.

Il y a des gens qui me parlent de mon regard, de mon style, mais je ne crois pas avoir de regard ou de style. Toi tu l’as écrit – j’aime beaucoup ce que tu as écrit – mais cela m’a paru un peu exagéré. Je l’ai écrit dans ma biographie : je prends des photos mais je ne suis pas photographe.

Capture d_écran 2017-10-23 à 13.59.42

C’est vrai, mais la question de la photographie et notamment de la photographie amateur à l’heure du numérique et des réseaux sociaux rebattent les cartes et il est difficile de ne pas essayer de penser aussi en termes de modèle, d’une recherche d’un modèle esthétique. Ainsi, tu es passé il y a cinq ans du format carré sur Instagram au format rectangulaire, tu emploies des applications qui ne sont pas celles de l’iPhone et d’Instagram, tu fais parfois le choix de publier en noir et blanc, et, comme je le disais plus haut, tu signes et millésimes tes images. Tu ne peux pas nier qu’il y a là un geste de photographe.

Non, je ne nie pas mais je joue un rôle, je suis un imposteur. Même si, comme tu sais, je fais des expositions. On m’a demandé d’exposer, donc j’ai exposé à Saint-Nazaire en 2010, pendant ma résidence à la MEET, et c’était des photos de Saint-Nazaire*. C’était Patrick Deville qui me l’avait demandé et j’avais dit oui avec beaucoup de plaisir. J’avais des milliers de photos parmi lesquelles choisir et comme je le disais, Saint-Nazaire est la deuxième plus belle ville au monde. S’il y a un endroit où j’aimerais vivre, autre que Venise, c’est Saint-Nazaire, parce que quand j’y suis, je m’y sens bien. Donc, il m’arrive de faire des expositions comme à Ixelles, invité par la mère de Jean-Philippe Toussaint qui y tient une très belle librairie. J’ai aussi fait une exposition ici, à Venise, une autre à Castelfranco, mais c’était toujours par hasard. Je ne le cherche pas ; je ne le propose jamais parce que j’ai l’idée que si une personne fait quelque chose d’intéressant, un jour ou l’autre, on frappera à sa porte.

J’enseigne aussi la création littéraire à l’université de Padoue dans laquelle l’usage de la photographie a sa place mais je n’ai évidemment pas la compétence pour donner des leçons techniques même si avec le smartphone, mon outil principal, il y a des applications que je connais bien, mais finalement, tout le monde arrive à les gérer, elles sont faites pour cela.

Capture d_écran 2017-10-23 à 14.02.58

Revenons encore à tes photographies. Quand tu es à Paris, tu n’hésites pas à déclencher dans certains lieux très connus. Par exemple, tu adores photographier la Tour Eiffel. Elle figure en grand nombre sur ton compte Instagram.

Oui, parce que pour moi, la Tour Eiffel, c’est tellement incroyable. J’exclus pourtant le plus souvent les images touristiques, comme la place San Marco. La photographier la nuit, quand il y a du brouillard ou de la neige, c’est quelque chose que je peux faire mais là, comme tu l’as vu, je marque #cartepostale. Je fais la carte postale, c’est évident. On peut d’ailleurs faire des cartes postales bizarres… Mais, finalement, Venise n’est pas très présente dans mes photos.

J’ai un ami vénitien qui ne fait que des photographies de Venise mais selon moi, c’est difficile de photographier cette ville. Heureusement, j’ai la chance d’habiter dans un endroit que même les Vénitiens ne considèrent pas comme étant Venise, Santa Helena, car pour eux, bizarrement, c’est la banlieue, et pourtant j’aime beaucoup cet endroit, c’est une Venise incroyable, avec la verdure du parc, la vue sur la lagune et l’entrée du bassin de San Marco et donc le coucher de soleil que tu as devant toi tous les soirs. C’est quelque chose de très rare et de très peu photographié parce que les gens n’arrivent presque jamais là.

Capture d_écran 2017-10-23 à 14.03.41

Par principe tu n’aimes pas photographier la Venise touristique, la foule… D’ailleurs, il n’y a souvent personne sur tes images. Un homme ou une femme parfois, mais c’est rare.

Hier, j’ai photographié un homme assis sur une rambarde, devant le coucher du soleil, aux Giardini, à l’entrée de la Biennale. J’ai pris la photo parce que c’était très intéressant, c’était une sorte d’oxymore : quelqu’un qui admirait le coucher de soleil tout en donnant l’impression de vouloir se suicider. Il était au-dessus de l’eau comme s’il allait s’y jeter. Donc, s’il y a un personnage sur mes photographies, c’est qu’il le mérite pour différentes raisons.

J’aime beaucoup photographier des gens qui lisent. Parce que c’est pour moi un geste positif, surtout en Italie où personne ne lit…. À Venise, la plupart des gens qui lisent sont des étrangers, Allemands ou Français. Les Italiens lisent peu. J’aime aussi prendre des photos des gens qui écrivent mais je ne les publie pas, c’est de l’ordre du privé, de l’intime. D’ailleurs si quelqu’un prend une photo de moi en conférence ou en lecture, bon, c’est normal, mais une photo de moi en train de boire ou d’écrire à une terrasse de café, je n’aime pas ça. Et en Italie, la loi sur la vie privée est très rigide, plus qu’en France. Alors même quand je suis en France dans le métro, je prends beaucoup de photos mais je ne les publie jamais. Je sais que sur Instagram, il existe des photographes qui ne font que ça mais pas moi. Je me souviens pourtant de gens dans le métro, de quatre personnes en vis-à-vis et chacune lisait. Ils faisaient des gestes très beaux et j’aimais beaucoup cela. De vrais lecteurs. Alors j’ai pris une photo mais je ne l’ai jamais publiée.

Mais évidemment, il n’y a pas de foule sur mes images, parce que la foule, je l’évite physiquement. Donc j’évite le centre-ville, et quand il m’arrive de traverser une foule, je n’ai pas envie de sortir mon appareil. Même si j’ai beaucoup de respect pour les gens qui visitent notre ville. Je ne suis pas un Vénitien contre le tourisme. J’estime que tout le monde a le droit de venir à Venise, voir Venise, même s’il ne doit rester que très peu de temps. Ainsi j’imagine quelqu’un qui arrive de la Nouvelle-Zélande et n’a que trois heures pour visiter Venise : il a le droit de venir voir Venise.

Capture d_écran 2017-10-23 à 13.58.51

Cette question nous permet d’évoquer un autre aspect de tes photographies, qui rejoint ton travail d’écriture, de blogueur, de commentateur de l’actualité. Et à Venise justement, tu as eu quelques photographies qui ont irrité, on va le dire comme ça. Tu as donc aussi un usage militant de la photographie.

Oui bien sûr, mais en fait c’est vrai pour mes écrits en général. Dans chaque livre, je parle de photos. Dans le livre sur Tabucchi qui sort le 24 octobre en France (Ces histoires qui arrivent, Éditions La Contre-Allée, 2017), il y a un moment où je parle d’une photo que j’ai prise chez lui et je fais la description précise de cette photographie. Mais je dis seulement à la fin que c’était une photo parce qu’elle était tellement détaillée. C’était la dernière photo prise chez lui et elle prenait une dimension métaphorique. Il y avait ses lunettes, son dernier livre, son paquet de cigarettes, comme un portrait de Tabucchi sans lui. Mon roman Ça change quoi (Seuil, 2010) se base sur des images en mouvement, mais surtout des photographies. Dans Sentiments subversifs (Éditions Meet, Les Bilingues, 2010), je raconte que je prends des photos de la terrasse du Building à Saint-Nazaire. Dans Venise est lagune (Éditions La Contre-Allée, 2016) je raconte la photographie du paquebot s’approchant trop près de la riva dei Sette Mártiri.

Mais j’insiste sur cette idée de narration. La photographie peut surgir dans l’écriture. Je peux me souvenir d’une image faite lors d’un voyage en Espagne ou ailleurs. Je sais qu’elle existe et je vais la chercher. Mon iPhone a beaucoup de mémoire et j’ai emmagasiné des milliers de photos, près de huit mille. Cela m’oblige à chercher. Dans le livre sur Tabucchi, le protagoniste traverse la ville dans le tramway de Lisbonne. Il prend des photos et quelqu’un sur la photo, une jeune fille très attachée à cet electrico 28, devient un personnage du roman. J’ai évidemment photographié ce tram et mes images peuvent d’abord être vues dans une dimension touristique. Il est vrai aussi que, comme tous les Vénitiens, j’ai un rapport très fort avec les moyens de transports, ici les vaporetti. Mais photographier, c’est un geste qui me pousse à raconter. Et, du coup, la photographie n’est plus seulement une note visuelle, mais elle est dans l’écriture, dans la trame du livre, un quasi personnage.

Capture d_écran 2017-10-23 à 14.01.14

Dans mon premier roman qui date de 1993, le numérique n’existait pas, un chapitre s’appelle « photos de voyage » et c’est l’histoire d’une photo mais d’une photo totalement nulle – je ne savais plus où je l’avais prise et je l’avais découverte au développement – du tableau de bord d’une voiture. Et cette photo certainement prise par hasard m’a donné un déclic pour écrire un chapitre d’un roman dans lequel je parle de l’image et de tout ce qu’elle a pu provoquer. Et donc tu vois que c’est un processus qui m’intéresse depuis bien avant le numérique.

Raconter une photographie, c’est un très bon exercice. Je le donne toujours à mes étudiants à l’université de Padoue ou dans les ateliers d’écriture que j’anime en France ou en Italie. Raconter une photographie, ce n’est pas seulement la description de l’image mais aussi ce qu’elle évoque, provoque comme émotion… Alors je prends aussi des photos bizarres sur lesquelles il est difficile de dire ce qui se passe et c’est magnifique de constater toutes les interprétations, la variété des points de vue. Ainsi, depuis toujours, je m’en rends compte, c’est un point de départ de mon écriture. À la différence de beaucoup d’écrivains qui ont cette idée très radicale de l’écriture, même Jean-Philippe Toussaint. Parce que Jean-Philippe, c’est intéressant, dans Auto-portrait (à l’étranger) (Minuit, 2000) ou L’urgence et la patience (Minuit, 2012), dans les livres où il raconte son écriture, il dit qu’il ne prend jamais de notes et qu’il travaille seulement sur la mémoire et le souvenir. C’est vrai que dans ses livres il y a des photos et il parle de photos mais il ne les utilise pas comme une note visuelle. Pour lui qui se veut aussi plasticien, la photographie, c’est sérieux. Il fait des expositions. Il a exposé au Musée du Louvre. Pour lui la photographie, c’est de l’art. Pour moi, c’est de l’artisanat et même plutôt un outil que je manipule dans mon métier d’écrivain.

* Pour présenter ses photographies, Roberto Ferrucci avait écrit en 2010 : « À Saint-Nazaire, je ne fais qu’écrire, marcher et prendre des photos. Pour moi, tout cela signifie une seule chose : écrire. Et les photos, toutes prises avec un iPhone, sont des notes visuelles. Elles m’ont servi pour mon roman, Sentiments subversifs, où elles sont aussi racontées. Il faudrait que j’écrive un jour un roman visuel, seulement avec des photos et quelques mots, peut-être. » Présentation de l’exposition au Life de Saint-Nazaire.